Aventures généa-logiques, Challenge AZ

P comme… Philippe Lambert est-il Philippe CHARLIER ?

C’est l’histoire d’une enquête minutieuse sur les traces d’un ancêtre… qui m’a amenée à en découvrir trois !!!

J’étais bloquée sur Philippe CHARLIER.

J’avais trouvé assez facilement les sept premières générations de cette branche CHARLIER, mais là, je séchais !

Au-delà de son acte de mariage avec Marie Gertrude VANDEVANNE (ég. Vandevonder, Vandevandel), à Vieux-Genappe, le 14 novembre 1734, il n’y avait plus trace de Philippe.

Il fallait se faire une raison, Philippe n’était pas né à Vieux-Genappe et je ne trouverais pas sa filiation dans ces registres-là… Mais alors où ?

Après avoir écumé toutes les bases de données possibles à la recherche d’un Philippe CHARLIER qui pouvait correspondre, j’ai regardé d’un peu plus près les éléments dont je disposais : j’avais un Charles CHARLIER, parrain et témoin au mariage ; et surtout un Roch CHARLIER, dont le prénom peu courant allait s’avérer précieux.

Acte de mariage de Philippe CHARLIER et Marie Gertrude VANDEVANNE en 1734
(Registres paroissiaux de Vieux-Genappe, search.arch.be)

Je me suis donc mise en quête d’une famille CHARLIER dans la région regroupant à la fois un Philippe, un Charles et un Roch…

J’ai trouvé trois Roch CHARLIER dans les arbres des utilisateurs de Geneanet : l’un était trop ancien pour être le bon ; un autre ne donnait pas la filiation et semblait peut-être un peu trop jeune (quoique…) ; un troisième se trouvait à Couture-Saint-Germain et avait pour frères un Charles et un Martin Joseph – mais pas de Philippe !

J’ai alors essayé une autre recherche avec les noms des parents de cette fratrie, Lambert CHARLIER et Marie BEAUCLERCQ, et… Bingo ! J’ai trouvé une autre fratrie de trois à Braine-l’Alleud dans laquelle figurait un Philippe Lambert, aux côtés d’un Englebert et d’une Barbe Isabelle.

Un homonyme, me suis-je dit, ça peut arriver… Mais un couple d’homonymes ? C’est déjà beaucoup moins probable. Il y avait de fortes chances pour qu’il s’agisse d’une seule et même famille, mais encore fallait-il le démontrer…

Pour faire court, c’est le registre des confirmations de Couture-Saint-Germain qui m’a apporté la preuve indubitable que c’était bien la même fratrie : les noms de Philippe Lambert, Charles et Guibertus (c.-à-d. Englebert) CHARLIER y apparaissent ensemble, dans un même paragraphe, et ce sont des prénoms suffisamment particuliers pour qu’il n’y ait plus de doute possible : les trois frères ont fait leur confirmation en même temps, à Couture. Roch et Martin Joseph, les deux plus jeunes, sont mentionnés quelques pages plus loin, tandis que Barbe Isabelle, l’aînée, figure seule dans le registre de Braine-l’Alleud.

Registre des confirmations, Couture-St-Germain (search.arch.be) ;
On distingue bien les prénoms des trois frères: Philippe Lambert, Charles et « Guibert » (Englebert).

J’avais donc pu établir qu’il y avait à Couture-Saint-Germain une fratrie qui regroupait bien un Charles, un Roch et un Philippe (Lambert) CHARLIER (de même qu’une Barbe Isabelle, un Englebert et un Martin Joseph).

Mais ça ne voulait pas dire pour autant que Philippe Lambert était bien « mon » Philippe CHARLIER.

J’ai donc entrepris un examen minutieux de tous les actes que je pouvais trouver en lien avec cette famille, dans l’espoir de dénicher un élément vraiment probant pour fusionner les deux Philippe.

Cette recherche n’aura pas été vaine car dans la foulée, elle m’aura permis de découvrir que Barbe Isabelle ép. DECOUX et son frère Englebert étaient tous les deux les ancêtres de mon aïeule Marie Françoise JOACHIM, à Glabais : Marie Françoise descend, par sa mère, Jeanne Marie Joseph DECOUX, de Barbe CHARLIER ; et par son père, Jean Joseph Ghislain JOACHIM, fils de Marie Françoise CHARLIER, d’Englebert. Incroyable, non ?! Je cherchais un ancêtre et tout à coup, j’en avais trois dans la même fratrie !

Si, toutefois, « mon » Philippe était bien leur frère, Philippe Lambert.

Il aurait suffi, par exemple, d’un acte dans lequel Marie Gertrude VANDEVANNE, l’épouse de Philippe, aurait été la marraine de l’un des enfants de Barbe ou d’Englebert pour établir un lien avec certitude. Malheureusement, je n’ai rien trouvé de ce genre.

En revanche, j’avais un ensemble d’indices qui tendaient à confirmer mon hypothèse :

D’abord, le mariage d’Englebert avec Françoise LEMPEREUR à Bousval, le 2 février 1734, est retranscrit dans le registre de Vieux-Genappe, et l’acte de mariage lui-même précise qu’Englebert est de cette paroisse. Il demeurait donc à Vieux-Genappe à ce moment-là  : par conséquent, il n’y aurait rien d’étonnant à ce que Philippe Lambert, son frère, soit dans les parages.

Le 26 mai de la même année, Catherine LEMPEREUR, la belle-sœur d’Englebert, épouse Jean Baptiste VANDEVANNE, de Vieux-Genappe, le futur beau-frère de « notre » Philippe – dont le mariage a lieu six mois après, en novembre (Peut-être se sont-ils rencontrés à l’occasion de ce mariage ?!).

Ce n’est pas tout : quelques années plus tard, le 28 avril 1760, Jean Philippe, le fils de « notre » Philippe (et mon sosa n°448), épouse Marie Gertrude LEMPEREUR, qui n’est autre que la nièce de Françoise et de Catherine. Leur premier né aura pour parrain un certain Charles CHARLIER.

Cela signifie que tout ce petit monde se connaissait et gravitait dans le même cercle.

Alors pourquoi, dans la mesure où Englebert CHARLIER a un frère qui s’appelle Philippe Lambert, faudrait-il penser que le Philippe CHARLIER qui évolue dans le même entourage que lui soit un autre que son frère ? Ça n’aurait pas vraiment de sens.

Bien sûr, on pourrait se demander pourquoi, si Philippe est bien Philippe Lambert, son second prénom n’apparaît jamais ; mais la même chose se produit pour Barbe Isabelle qui, à partir du moment où elle se trouve à Couture-Saint-Germain, n’apparaît plus que sous le seul prénom de Barbe, alors que son identité ne fait aucun doute.

Et puis, souvenons-nous de ce qui m’a lancée sur la piste de cette famille : la présence de Charles et de Roch au mariage de Philippe : pourquoi Roch et Charles CHARLIER, qui ont un frère nommé Philippe, auraient été témoins au mariage d’un autre Philippe CHARLIER ?

Je ne sais pas ce que vous en pensez, mais moi, je n’ai pas le moindre doute : Philippe Lambert et Philippe CHARLIER ne font qu’un !

Ce qui fait du couple CHARLIER-BEAUCLERCQ mes triples ancêtres : sur leurs six enfants, trois sont mes ascendants !

Remarque : plusieurs utilisateurs de Geneanet ont attribué la filiation de Philippe Lambert, fils de Lambert et de Marie BEAUCLERCQ, à un autre Philippe CHARLIER qui épouse Catherine Françoise LAMBILLOTE à Braine-l’Alleud, le 13 mars 1727. Or, cet acte de mariage stipule que le Philippe CHARLIER en question est natif de la paroisse St-Jean l’Évangéliste, à Nivelles. Il ne peut donc pas s’agir de la même personne (Philippe Lambert étant né à Braine-l’Alleud en 1703).

Image d’en-tête : Angelo Giordana, Pixabay

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