Challenge AZ

I comme… Idées reçues et réalité généalogique

Oh, comme elle m’a donné du fil à retordre, cette lettre ! Des inquiétudes, même !

À la veille du jour j, je ne savais toujours pas quoi en faire ! Pourtant, les mots qui commencent par i ne sont pas rares. Mais voilà : je manquais d’inspiration – je n’avais tout simplement pas d’idées

Idée… Voilà un joli mot qui commence par un i

Idées reçues… Nous en avons parfois, au sujet de nos ancêtres, avant de commencer à explorer notre généalogie…

J’en avais quelques unes, comme tout le monde, sans doute : elles ont été bien vite balayées par les résultats de mes recherches !

Idée reçue n°1 : nos ancêtres se mariaient très jeunes

Peut-être est-ce vrai pour des époques plus reculées que celles qu’il est possible d’explorer en généalogie ; peut-être est-ce vrai ailleurs, dans d’autres régions que celle qui m’occupe (la Belgique)… Mais ce n’est pas du tout le cas dans mon arbre !

Au contraire, en progressant dans mes branches, j’ai été étonnée de constater que j’avais des premiers mariages à l’âge de 27, 29, 31 ans, même pour les femmes, et qu’à l’inverse, les mariages avant 20 ans étaient très rares – je pense pouvoir les compter sur les doigts d’une main !

En effectuant un rapide relevé des âges de mes ascendantes directes (donc uniquement les femmes) au moment de leur premier mariage jusqu’à la septième génération, j’ai pu obtenir quelques chiffres qui me paraissent significatifs.

En faisant un calcul global pour mes 4 premières générations, au 20e siècle donc, j’obtiens un âge moyen de 21,3 ans, sachant qu’il me manque une donnée fort susceptible d’augmenter cette moyenne. Mes grands-mères se sont mariées à 20 et 21 ans; et mes arrières-grands-mères, du moins celles pour lesquelles je dispose de cette information, à 21, 22 et 23 ans [Petite mise à jour du 30.01.2020 : la donnée qui me manquait était 21 ans, ce qui me fait donc une moyenne de 21,25].

À la génération suivante, soit à la fin du 19e siècle, j’obtiens un âge moyen de 23,75 ans (24,5 ans pour ma branche paternelle, et 23 ans pour ma branche maternelle), donc légèrement supérieur.

À la sixième génération, l’âge moyen est de 26,4 ans (26,8 ans pour ma branche paternelle, et 26 ans pour ma branche maternelle).

Enfin, à la septième génération, j’obtiens une moyenne de 26,8 ans (27,1 ans pour ma branche paternelle, et 26,5 ans pour ma branche maternelle).

Conclusion : l’âge moyen de mes ascendantes au moment de leur premier mariage ne cesse d’augmenter à mesure qu’on remonte dans le temps !

On remarque aussi que la moyenne est systématiquement plus élevée dans ma branche paternelle, en Flandres et dans le Hainaut, ce qui tend à indiquer qu’on se mariait plus jeune dans le Brabant wallon.

Autre remarque : sur mon petit échantillon qui englobe 7 générations et remonte jusqu’au début du 19e siècle, je n’ai qu’une seule mariée de moins de 20 ans, Sophia CANNAERTS, qui convole à l’âge de 19 ans.

« Oui, mais… Et dans l’ancien régime, alors ? », me direz-vous…

Je vous promets de faire un relevé plus précis pour un prochain Challenge AZ ! Mais, a priori, sachant que c’est quelque chose qui m’a interpellée durant mes recherches, je peux déjà vous dire que mes observations restent les mêmes pour le 18e siècle : les mariages avant l’âge de 20 ans sont exceptionnels ; les premiers mariages vers 25, 26, 27 ans ne sont pas rares pour les femmes.

Alors, bien sûr, c’est très inférieur à la moyenne actuelle qui tourne autour de 31 ans, en France comme en Belgique ; mais on est loin des mariées adolescentes qu’on nous décrit parfois.

Boîte à biscuits, objet personnel !

Idée reçue n°2 : nos ancêtres vieillissaient très tôt et mouraient jeunes

C’est une autre idée assez répandue et là encore, mes recherches m’ont montré que ce n’était pas du tout systématique.

Mon arbre compte plusieurs nonagénaires qui étaient loin d’être grabataires, comme Guillaume MARCOUX, qui a été clerc et maître d’école de Peissant (Hainaut), jusqu’à sa mort, en 1762, à l’âge de 90 ans selon son acte de décès – ou de 93 ans selon l’Histoire de l’enseignement en Hainaut ; ou comme Jean Baptiste BOUCQUIAU, qui est encore mayeur (maire) de Promelles et de Vieux-Genappe (Brabant wallon) lorsqu’il décède en 1747, à l’âge de 96 ans !

J’ai aussi quelques cas étonnants de remariage tardif, comme celui de mon aïeul Sebastianus PEETERMANS, de Halle-Boienhoven (Brabant flamand), qui épouse Josephina JACOBS en secondes noces, à l’âge de 65 ans. Elle a 30 ans de moins que lui. Ensemble, ils auront cinq enfants. Sebastianus aura 77 ans à la naissance de sa « petite dernière », mon aïeule Marie Séraphine.

Mon arrière-arrière-[…]-grand-oncle Roch CHARLIER, quant à lui, a 70 ans lorsqu’il se remarie avec Anne Godfrinne GERMAUX (mon arrière-arrière-[…]-grand-tante ! ) à Nivelles, dans le Brabant wallon, en 1781. Cinq enfants naîtront aussi de cette seconde union. Roch s’éteint à l’âge de 82 ans, alors qu’Anne Godfrinne est enceinte de leur petite dernière.

Nos ancêtres étaient donc loin d’être croulants à quarante ans, comme on l’entend parfois !

Autre surprise : le « mouchoir de poche »

C’est l’impression que j’ai quand je regarde les petits points qui symbolisent mes ancêtres sur cette carte :

Cartographie de mes ancêtres, accessible sur Geneanet

Je m’attendais à un plus grand « brassage », à des origines plus variées, ne fut-ce qu’à l’intérieur des frontières belges…

J’ai donc été très étonnée de constater que mes ancêtres n’étaient ni en Flandre orientale, ni en Flandre occidentale, ni dans les provinces de Liège, de Namur, du Limbourg, du Luxembourg ; ni même dans l’arrondissement de Tournai, dans la partie ouest du Hainaut…

Non ! Mis à part ma branche suisse, seule et unique branche non belge de mon ascendance, tous les ancêtres que j’ai pu relever jusqu’à présent se concentrent dans ce qui me paraît être un tout petit espace : une bande verticale qui comprend, du nord au sud, la province d’Anvers, le Brabant flamand et wallon – en incluant la région de Bruxelles – et l’est du Hainaut…

Autant dire un mouchoir de poche !

5 réflexions au sujet de “I comme… Idées reçues et réalité généalogique”

  1. Je partage cette analyse. Je n’ai pas fait les statistiques, mais mon impression est plutôt un âge moyen au mariage vers 24 ans (mais j’ai aussi de rares contre-exemples de mariages TRES jeunes).
    Pour le mouchoir de poche c’est très variable en fonction de mes branches : vrai pour mon conjoint, mon père et mon grand-père maternel, chacun dans leur région respective ; par contre du côté de ma grand-mère maternelle ça part vraiment dans tous les sens !

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  2. Je suis d’accord avec vous, nos ancêtres ne se mariaient pas tous très jeune. En revanche, je compte tout de même plusieurs adolescentes de 15-16 ans (une petite dizaine quand même) et un triste record : 12 ans (alors que le mari avait dans les 27 si mes souvenirs sont bons)…

    Aimé par 1 personne

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