Aventures généa-logiques, Challenge AZ

B comme… Bouchers de père en fils – ma lignée LANGLET

J’ai toujours entendu ma maman dire qu’elle était « fille et petite-fille de boucher », mais je crois qu’elle n’imaginait pas à quel point c’était vrai…

En réalité, elle qui n’a jamais aimé la viande descend d’une lignée de bouchers sur pas moins de sept générations !

On peut ainsi remonter jusqu’à Jean Philippe LENGLET, qui est boucher à Ohain au milieu du XVIIIe siècle.

J’ignore quels étaient les métiers de son père, Philippe, et de son grand-père, Théodore (les actes ne le précisent pas) ; en revanche, grâce aux informations partagées par Pierre Aubry sur Geneanet, on sait que son arrière-grand-père, Guillaume LENGLET, était collecteur des impôts et sergent d’Ohain entre 1663 et 1697.

Jean Philippe, donc, boucher à Ohain, a six enfants : trois garçons et trois filles.

Vers 1786, l’aîné de cette fratrie, mon ancêtre Nicolas Joseph LENGLET, s’installe à Plancenoit, le village voisin, où il continue à exercer la profession héritée de son père.

C’est à ce moment-là que la graphie du nom change : LENGLET, qui jusque là s’écrivait avec un E, devient LANGLET sous la plume du curé de Plancenoit.

Nicolas J. et son épouse Marie Agnès MASSON ont deux enfants – deux fils : Melchior et Ghislain.

Ghislain est tisserand d’acte en acte, à chaque événement de sa vie, mais bizarrement, au moment de rédiger son acte de décès, on se souvient qu’il est boucher !

Melchior, lui, est boucher sans équivoque tout au long de sa vie et transmet son savoir-faire à ses quatre fils : Melchior junior, Silvain, Charles et Maximilien ; ce dernier aura quatre fils à son tour, qui seront tous bouchers aussi.

Quant à Silvain, il a cinq fils qui parviennent à l’âge adulte :

  • Silvain Joseph, l’aîné, entre dans les ordres. Il est religieux à Namur en 1909, au moment du décès de sa maman, Anne Joseph STASSIN.
  • Gustave est maçon à Maransart.
  • Simon François est boucher à Waterloo pendant plusieurs années, mais durant cette même période, il est mentionné comme cultivateur dans les actes de Plancenoit où il est témoin. On le retrouve ensuite à St-Gilles, où il exerce aussi la profession de maçon.
  • Auguste est employé, « marchand de porcs » ou boucher, selon les actes.
  • Enfin, Ciriac, mon aïeul, est un poème à lui tout seul : il est d’abord maréchal-ferrant lorsqu’il épouse Sylvie THEYS à Maransart en 1883, puis tour à tour cultivateur ou journalier, selon les actes – comme si c’était équivalent pour l’agent communal en charge des registres. Bref, dans tous les cas, il cultive la terre, pour lui ou pour les autres. Et là encore, comme pour Ghislain LANGLET, son grand-oncle, il est subitement boucher sur son acte de décès !

Ses fils Auguste et Célestin ne seront d’ailleurs pas autre chose ; ni Roger, son petit-fils/ mon grand-père, qui était boucher – tout comme certaines de ses sœurs.

On voit bien que, même si les uns et les autres ont parfois exercé d’autres activités en parallèle, le métier hérité des générations précédentes est resté présent, et la transmission s’est faite.

Mais de quelle transmission parle-t-on, au juste ?

On imagine bien que le boucher des XVIIIe et XIXe siècles ne ressemble pas encore au boucher tel qu’on se le figure aujourd’hui : un détaillant en tablier impeccable derrière un étal bien garni. Non ! Le boucher, à ces époques-là, c’est bien celui qui tue les bêtes et les dépèce. C’est un peu celui qui fait le « sale boulot » pour fournir de la viande à sa communauté. C’est sans doute aussi celui qui sait comment procéder pour ne pas faire souffrir l’animal inutilement et qui est capable, d’un seul coup d’œil, de repérer l’animal qui donnera la meilleure viande.

Source des illustrations : Bibliothèque nationale de France (Gallica)

Dans le Nouvel alphabet des arts et métiers de 1848, on peut lire que l’état de boucher « exige dans celui qui veut l’exercer une grande connaissance du bétail ; il doit distinguer, en achetant un animal, s’il donnera de la bonne viande, s’il n’est pas attaqué de maladie, ce qui rendrait la chair nuisible à ceux qui en useraient ».

Cette description colle parfaitement à ce que l’on m’a raconté de mon grand-père, que je n’ai pas connu. Et c’est émouvant de se dire que ce savoir-là lui venait de si loin !

10 réflexions au sujet de “B comme… Bouchers de père en fils – ma lignée LANGLET”

  1. C’est amusant car nous avons choisi le même mot pour le B : boucher !
    Et votre lignée de bouchers illustre parfaitement les règles de cette corporation très particulière …
    Bonne continuation. Peut-être nous croiserons-nous de nouveau dans ce challenge…
    Françoise.

    Aimé par 1 personne

    1. Merci ! J’aurais aimé, justement, creuser un peu plus ces règles dans le contexte belge avec ses différentes périodes d’occupation (autrichienne, française, etc.), mais malheureusement, le temps m’a manqué pour des recherches plus poussées. Ce sera peut-être pour un autre Challenge AZ ?!
      Bonne continuation également 🙂

      Aimé par 1 personne

    1. La généalogie est un voyage, Marie: dans le temps, dans l’espace, dans toutes sortes d’univers que l’on découvre au fil de nos recherches… Et je me suis lancée dans cette aventure avec passion, comme tu peux t’en douter 🙂

      Aimé par 1 personne

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